Secret de Psy #2 – Carlu (Partie 1/2)

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La confiance en soi, l’adolescent…tout un programme !

Note de Papa-Psy : Cet article est une version « brouillon » de l’article original et terminé, suite à un bug. Soyez donc indulgent, cette version doit comporter des fautes et à perdu de sa « force », et quelques photos en moins…j’y reviendrai très vite mais au moins, il est accessible pour tous et toutes !

Nous avions déjà évoqué le sujet de la confience en soi chez l’adulte, dans le premier article de « Secret de Psy » « Valentina ».

Cet dernier vous a semble-t-il plu puisque est toujours l’article le plus populaire sur Papa-Psy !
Alors Merci sincèrement à vous toutes et tous !

J’en suis à la fois étonné et à la fois ravi car ce fut l’un des suivis les plus audacieux, passionnants et gratifiant de ma jeune carrière.

Oui car à moins de 40 ans de carrière, c’est jeune et là au moins j’ai un peu de marge ne vous en déplaise.

La valeur n’attend pas le nombre des années dit-on ! Et là pour le coup, je ne parle pas de moi.
Mais de Carlu. Voici donc une approche de ce qu’il est possible de faire en reconstruction de la confiance en soi avec un adolescent. Bonne lecture.

Effacez-moi, je suis transparent

Carlu a 15 ans quand il se présente accompagné de sa mère.
Sa mère est une femme lumineuse et rayonnante comme une journée estivale. 

Cette mère sympathique appelle naturellement à l’échange, au partage, à la discussion. Tout l’inverse de son fils, à son grand désespoir.
Une musique triste émane de sa voix lorsqu’elle m’explique sa demande : son fils, sa plus grande réussite parmi d’autres qu’elle ne perçoit plus (merci maternité aveuglante mesdames) est déscolarisé, sans amis. 

Carlu n’a aucune confiance en lui me dit sa mère, et n’a eu de cesse de grandir en répétant « je suis nul », « ça ne sert à rien, je n’y arriverai pas ».

Malgré toute la motivation et les encouragements de ses parents, Carlu n’a jamais pu prendre son envole et présenter une estime de lui-même convenable. 

Carlu ne présente plus d’initiative, ni prise de parole : la vision de lui-même que Carlu possède est si profondément inscrite en lui qu’il tient pour vérité absolue sa nullité universelle. 

Voilà : Début des emmerdes, donc démarrage du Job.

Mesdames et Messieurs, il est donc 9h ce jour là : ça commence classique.
Mais comme Champomy, la suite de la fête est plus folle.

Isolé, Carlu ne sort plus de sa chambre, ne communique plus avec les autres, ni même avec sa famille. Enterré vivant dans une enveloppe corporelle ne présentant aucun signe d’interaction avec le monde extérieur, tout concourt à poser à Carlu une étiquette d’autiste.

Cependant, c’est le genre de diagnostic qui marche si on est au comptoir et qu’on discute du fils de la voisine de Michelle qui a entendu le collègue de Michel raconter que le frère de son fils par alliance avait fait la roue devant l’école.

Mais au cours d’une première consultation, Carlu ne peut, et ne doit pas être autiste. Malgré tout, à l’observation, et avec ce qui est rapporté par la maman : on y pense, forcément. 

Puis on revient sur l’histoire de ce jeune homme, on reconstitue, on (re)compose mentalement l’histoire de la vie de Carlu qui reste lui, silencieux.

Carlu est là à chaque séance, mais ne présente aucune réaction.

Il se contente de venir s’assoir, le regard posé vers ce sol qu’il doit connaître par coeur après trois ou quatre rendez-vous. Je ne croiserai jamais son regard pendant ces premiers échanges.

Cependant, Carlu ne semble pas contre ces rendez-vous : il n’exprime selon sa mère aucune réticence mais bien évidemment je ne note aucune motivation à être là. Carlu répond juste « Si tu veux » systématiquement avant chaque séance lorsque sa mère – bienveillante – lui laisse le choix de refuser. 

De mon côté également, je ne force rien et je rappelle à des moments choisis que j’espère pertinents, qu’il est libre de ne pas venir.

Voire de ne pas rester avec nous et nous attendre en salle d’attente : en mot, lui redonner une liberté qu’il ne prend vraisemblablement plus.

Au début, je choisi de ne pas rester seul avec lui, et le lui exprime.

C’est un choix pour mon alliance thérapeutique, pourtant contraire à d’autres patients que je « ferre » de suite seul à seul en écartant les parents dans notre salle d’attente. 

Mais dans ce cas-ci non, une intuition pourtant interdite me suggère de continuer quelques temps ces moments à trois : mère, fils, et l’inconnu : moi.

Je lui rappelle régulièrement que s’il existe une petite partie de lui qui a envie de me faire confiance, alors je mouillerai la chemise avec lui jusqu’au bout du chemin de l’estime de soi.

Carlu lève les yeux vers moi pour la première fois et les baisse aussitôt. 
One point. Rien n’est perdu : la partie commence à peine.

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Que la Lumière soit.

« Monsieur, gommez mes imperfections. »

Carlu est fin, grand, et semble tout droit sorti de l’étrange Noël de Monsieur jack. 

Ses mouvements sont semblables à du stop-motion de cinéma : une cinétique ample et maîtrisée où chaque geste ne trahit aucune accélération ni improvisation.

Chacun des mouvements de ce jeune homme sont calculés et anticipés : de l’influx nerveux déclencheur jusqu’au point final marquant l’immobilité, Carlu se révèle être une machine élégante dans son comportement, mais trahissant un contrôle anxieux de chaque instant.

Passé les premières séances, je décide de virer la Mamma et de rester avec la version masculine de Mercredi de la famille Adams. 

Note : Carlu, si tu te reconnais dans ce texte, c’est parce que je sais qu’aujourd’hui tu es capable de rire de cette comparaison.

S’ensuivent alors les consultations les plus sportives de ce job : passer environ 45 à 60 minutes à parler seul. 
Meubler autant et tenter d’établir le contact avec une entité humaine parlant initialement la même langue : c’est long. Je peux être bavard mais franchement j’ai ramé avec toi Carlu. 
Merci pour ça, tu m’a forcé à me renouveler à chacun de nos rendez-vous. 

Parfois je réussissais à capter un fragment de regard, ce regard si noir et enfoui, pointé vers tes genoux, inexorablement tourné vers le bas malgré mes tentatives d’explications, de schémas, de blagues vaseuses, d’exemples, de blancs vides, de blancs pleins.

On aura tout tenté. 

J’avoue avoir même envisagé de quitter quelques minutes le bureau pour provoquer quelque chose en toi p’tit mec ! 
Mais…non, je n’aurai pas eu besoin d’être aussi peu imaginatif.

J’ai juste joué d’une chance digne des scénarios les plus stériles d’Hollywood.

Un pied-de-nez du genre « oh mon dieu tous les gentils vont perdre ! Oh mais non incroyable une arme légendaire leur tend les bras sous le tapis-la-juste-devant-eux-depuis-le-debut-bim-bam-boum-on-a-gagné-fin-bisou.

Première Dimension : Trouver son point fort

A vrai dire je ne sais plus trop quand tout a réellement commencé. Mais je sais par OÙ ça a commencé.
Je cherchais une porte d’entrée par laquelle je pourrais enfin échanger avec toi, sur un sujet ou un domaine dans le quel tu te sentirais à l’aise.

Une sujet ou tu serais en confiance car en terrain connu…afin de découvrir à quel point tu peux enrichir les autres de tes connaissances. C’est aussi comme ça que l’on travaille la confiance en soi avec un adolescent : lui faire réaliser qu’il est compétent, qu’il possède une richesse intérieure, ou tout simplement une différence.

Nous pouvons TOUS et TOUTES sans exception ni d’âge ni de sexe, ni de parcours de vie, enrichir notre interlocuteur : la différence alimente, la conformité asphyxie.
le dessin.

C’est pour ça que je m’éclate autant avec un enfant de 7 ans qu’avec un Sénior de 77 ans : le premier est dénué de connaissance, avec la naïveté touchante de l’apprenti découvreur, quand le second possède la richesse de l’expérience de son existence toute entière. 

Mais revenons à notre grand Carlu.
Je t’ai parlé de dessin. Et on a commencé a échanger, des oui, non, et tout doucement pouvoir découvrir tes goûts, tes affinités de style, d’histoires, d’univers : tu n’aime pas les mangas. Tu préfère l’anticipation. Pas le héros Fantasy, mais le post-apocalyptique. Comme moi, ça aide pour matcher sur des références littéraires ou v idéoludiques. On parle Asimov, Fallout, de Retro-Gaming.

Mais surtout je joue de chance : depuis tout jeune j’ai toujours aimé dessiner, et loin d’être un cador de la discipline, ma première formation m’a inculqué un œil et une connaissance du trait.
Si je n’ai pas ce trait, je pense savoir reconnaître celles et ceux qui l’ont. #MerciModestie

Bref, Carlu relevait parfois la tête et pour regarder mes dessins là, posés devant lui.
D’abord les miens, des vieux dessins de mon enfance aux vagues croquis moisis d’aujourd’hui agrémenté de blagues pourries que je connais à peu près.

Et Carlu a continué de me parler. 

En général, un mot pour lui, deux cent pour moi. 

Mais Bingo, l’interaction est en place. Reste à équilibrer les forces en présence. Carlu possède le même moteur que quiconque mais son putain de limitateur de vitesse sociale l’empêche d’avancer normalement.

Pourtant et contre toute attente – après quelques mois tout de même – Carlu accepte de me montrer un de ses dessins.

Alors je vous préviens, il y aura trois ou quatre moments importants dans cette aventure.
Et vous arrivez au premier de ces moments.

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« Quand tout le monde est bossu, la belle taille devient la monstruosité  » – H. de Balzac

Les dessins de Carlu ?

Comment vous dire.

Imaginez-vous marcher dans la rue que vous connaissez le mieux, celle qui vous a vu grandir. Vous la connaissez par cœur. Il n’existe plus de surprise autour de vous, les décors, les gens, les odeurs et les bruits font intégralement partie de vous.
Vous les appréhendez d’une manière nonchalante quotidiennement en ne traitant que 20 % de ce qui s’y passe, tant la nouveauté n’active plus depuis longtemps votre système cognitif.

Et puis.

À l’angle de cette rue maintes fois empruntée, vous tombez sur…le Christ du Corcovado. La Pyramide de Khéops, Le phare d’Alexandrie. 

Votre souffle est coupé. Votre esprit est momentanément sidéré. Votre sytème cognitif ne pouvant plus traiter cet afflux d’informations visuelles si intense, il vous met une gifle émotionnelle pour vous ramener sur terre quel qu’en soit les moyens. 

Je n’ai honnêtement pas la plume pour retranscrire que se trouve devant moi, un descendant artistique de Léonard de Vinci.

Son trait est parfait, son traité si innovant, si vivant et tellement précis que cette phrase n’aura pas de fin, je ne sais pas trop plus quoi rien dire d’autre. 

Je tombe par terre, il n’y plus de « Monsieur Daudon » de Psychologue ou de Papa-Psy. Le jeune devant moi est un génie et il aura fallu des mois pour y accéder !

Je reconnais pouvoir être mis au pilori de ma neutralité, mais j’ai lâché toute mon admiration devant ses œuvres. Et le Psy disparu aura finalement fini de lever la distance entre nous.

Le voilà le satané code de ce jeune Carlu : l’art ! On s’aventure alors doucement sur ce terrain, histoire de découvrir qui est réellement ce jeune surdoué qui s’ignore.

Deux dimensions : Affirmation de soi

C’est à partir de ce moment que Carlu à commencé à relever la tête en séance. Je pouvais enfin avoir des réponses sur ses outils et sa technique : ses stylos, les tailles de mine…
Quand il préfère utiliser les encres de Chine à quand il préfèrerait le feutre, le fusain ou comment il préparait ses lavis avant de poser ses sales pattes de génie sur les feuilles en vrac qu’il ramenait en séance.

Alors il dessine quoi l’ado même pas boutonneux ? 

Je vous le donne dans l’Émile et image : des personnages, des hommes, des femmes, des entités, des androïdes, des espèces animales sorties d’exoplanètes oubliées…
Pour vous faire une idée, le tout sur un traité proche de John Howe, immensément célèbre pour ses travaux autour du Seigneur des Anneaux. 

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John Howe, 62 ans, Illustrateur Amateur de quartier

Comme lui, Carlu est dans le Noir, blanc, gris.
Sombre et lumineux, tout en ombres et jeux de clarté si prodigieux. 

Toute la subtilité d’un kaléidoscope de lumières dichotomiques, alternant entre des blancs bienveillants, des noirs abyssaux…parents d’une myriade de filiations grises merveilleusement exquises.

Mais rapprocher Carlu d’un artiste n’est guère une bonne idée. 
Carlu est lui-même.

C’est tout le message de cet article.
Car Carlu n’est pas la copie d’un être ou le copieur d’un autre. 
Le jeune Carlu est unique.

Carlu à son style, son univers, sa façon de l’expliquer de le faire vivre et de le justifier par ses inspirations variées.
Mais Carlu ne copie pas, il crée, il œuvre. 

Ouaip, et tout ça tranquillou-bilou dans sa chambre. 

D’ici quelques mois, Carlu atteindra le sommet…et touchera de cet endroit le firmament qu’il mérite.
Mais il ne sait pas encore quel est sa folle destinée. 
Moi non plus à vrai dire : faut pas déconner je suis Psychologue et pas devin.
Je travaille avec des exercices cognitifs et comportementaux, pas avec une boule de crystal et des cartes. 
En plus je ne sais même pas jouer à la bataille. Alors pour lire l’avenir croyez-moi vous allez taper le carton pendant longtemps.

Carlu quittera mon bureau ce jour là en me racontant une blague entre la porte et le couloir.
Je ne me souviens plus de quoi elle retournait, mais nous avons ri de la nullité absolue de son histoire.

Ou peut-être avons-nous ri d’avoir atteint ce moment de connexion décomplexée entre nous.
Jubilatoire pour moi, j’espère qu’il était de même pour lui.

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Et la lumière fut

La Demi-conclusion, Papa-Psy !


Vous l’avez vu, Carlu a déjà effectué un superbe parcours. 

En travaillant sur sa confiance en soi, ce jeune adolescent qu’est Carlu a commencé à reprendre en main sa vie.

De la croyance de son inutilité, Carlu a réussi à atteindre un premier sommet. Il a dépassé ses pensées anxiogènes et montrer à un parfait inconnu sa passion, son talent. Première marche vers la confiance en soi et l’estime de soi, ces premières étapes sont indispensable à l’autonomie afin d’entrevoir la possibilité d’une existence libre.

Et si j’ambitionne follement les prochaines dimensions de son existence.
Nous ne nous doutons pas encore que son périple en graphite va le propulser bien au-delà des des frontières Européennes.

La Suite de Carlu arrivera d’ici quelques jours, merci pour votre patience !
Vous aimez « Secrets de Psy » ? Valentina, Carlu ? 

Vous attendez la suite, et voulez me buter pour ce suspense insoutenable ou au contraire me soudoyer d’arrêter mes articles ?

Alors décrivez-moi en commentaire quelles sont les émotions ressenties à la lecture de cet article.

Sachez que je prend personnellement les menaces de mort comme un compliment et une motivation supplémentaire à écrire.

Merci du temps que vous m’accordez, zou-bisous-bisous. 

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Papa-Psy
"Papa-Psy" c'est lui. Il est souvent Psychologue et parfois Créatif/Graphiste. Il est également Co-fondateur du Centre Thérapeutique "Sur un Nuage"

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Commentaires

2 Commentaires

  1. Bravo Carlu et bravo mr Daudon, quel parcours et quelle patience !
    Je travaille avec des ados, tous différents les uns des autres, ils ont une réelle richesse et quand la glace est brisée ils sont capables de beaucoup ! Ils sont 30 dans un même groupe et je les adore tous avec leurs particularités, et leurs humeurs ! Courage à tous ! Et merci pour ces moments de vie 🌞

  2. Madame Lalanne merci pour ce retour. Quand on aime les jeunes, enfnats, et ado, on ne peut que s’éclater avec eux !!
    Et vous, vous travaillez en institution, en milieu école ? Car 30 en même temps, c’est un exercice auquel je vais bientôt avoir droit dans le cadre d’ateliers en milieu scolaire sur le thème du Harcèlement ! Nouveau défi pour moi 🙂

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